02 septembre 2007
APOLOGIE DU TRAVAIL!
Jean
de La Fontaine disait: «Le travail est un trésor». Difficile de le concevoir ainsi en ce temps
de l’année où la perspective du retour à nos occupations nous fait regretter
ces vacances bienfaisantes qu’on laisse derrière soi et qui, encore une fois,
ont paru trop courtes... Tâche, besogne,
corvée; des mots, diront certains, plus appropriés pour décrire l’aspect
laborieux, contraignant et exténuant du travail.
Force
est d’admettre, cependant, que le travail, même pénible, est indispensable au
bonheur de l’être humain. Il donne un
but à nos existences, nous pousse au dépassement, nous permet de développer nos
talents, bref il élève la personne en lui permettant de se réaliser.
«En
autant que le travail s’inscrit dans le champs d’intérêts de la personne»,
diront les gens qui doivent, par obligation, se satisfaire d’un emploi qui leur
déplaît. Malheureusement, plusieurs
n’ont pas le loisir de choisir; nouvellement diplômés ou intéressés par un
métier quelconque, ils doivent se résigner à un autre emploi car les débouchés
en leur domaine sont rares ou souvent très précaires.
Par
ailleurs, depuis quelques années, des publicités incitent à économiser pour
planifier une retraite hâtive. On parle
de «Liberté 55». Pourtant, bien des gens
qui s’illusionnaient à la pensée d’être comblés par l’oisiveté déchantent en
peu de temps. Le désoeuvrement crée la
morosité, l’ennui, la cafard. Désabusés,
ils ressentent rapidement le besoin de réaliser quelque chose, d’être au
service de leur entourage. L’écrivain
français Jules Renard avait bien raison de dire: «C’est un mauvais travail que
celui qu’on fait pour n’avoir plus à travailler.»
L’exemple
édifiant de personnes qui, parfois même à un âge avancé, tirent leur joie et leur raison de vivre dans
un juste équilibre entre l’accomplissement de projets et les loisirs devrait suffire à nous
convaincre que la vie se doit d’être une heureuse et incessante alternance
entre le travail et le repos. Ce dernier
est au fond bienfaisant que lorsqu’il est précédé d’un effort, d’une
réalisation dont on peut être fier-ère.
Danik
Savaria, ptre.
24 juin 2007
À NOUS, LE MONDE !
À l’occasion de la Fête nationale du Québec 2007, ce thème nous invite à saluer les succès québécois sur la scène internationale. De la culture au monde des affaires, en passant par le sport, la diplomatie, les oeuvres humanitaires et la science, entre autres, un bon nombre de Québécoises et de Québécois font rayonner le Québec dans le monde en y apportant une contribution remarquable.
Mais quel lien avec le Baptiste, cet homme qui prêchait jadis dans le coin perdu d’un désert ? Il aurait pu passer inaperçu... d’autant plus qu’il n’était pas d’un chic dernier cri. On parle d’un vêtement de poil de chameau et d’une ceinture de cuir. Rien de très élégant... Mais dans l’expérience de la foi chrétienne, on en a fait pourtant une figure de proue.
On sait peu de chose de lui sinon qu’il tient son nom de sa mère qui a tenu à ce qu’il ait un nom différent de celui de son père. Et voilà qu’il a choisi de préparer la route à un Messie attendu. Il souhaitait que la société s’inspire davantage de la bonté et de la justice de Dieu. Il l’a dit dans un langage franc et sans ambiguïté, dérangeant à coup sûr un grand nombre de personnes dont un grand chef de son époque qui a choisi de lui couper la tête plutôt que d’accueillir sa parole.
En cela, il a pavé le chemin à Jésus qui, sans perdre la tête, a tout de même fini ses jours sur une croix à la suite d’une machination orchestrée par les dirigeants de l’époque. Pour ces raisons, Jean le Baptiste est reconnu universellement dans les Églises chrétiennes et dans une fête liturgique catholique le 24 juin de chaque année.
À son époque, Jean le Baptiste était convaincu que la société pouvait devenir meilleure. Mais pour lui, cette transformation n’était possible que si chaque personne osait faire un effort pour s’humaniser un peu. «À nous le monde!», c’est peut-être, en des mots plus modernes, la reprise de l’appel qu’Il lançait jadis; un appel à découvrir que tous ensemble, québécoises et québécois, nous pouvons changer le monde... en changeant tout d’abord notre coeur.
Danik Savaria, ptre
01 avril 2007
LA FÊTE DE NOS PASSAGES
Pâques est la fête de nos passages! C’est le sens même de ce mot issu de l’hébreu Pessah (passage). Pour les juifs, on y célébrait ce moment où Dieu, jadis, a libéré son Peuple de l’esclavage vécu en Égypte, lui permettant de traverser la mer Rouge et le désert pour «passer» à une terre de liberté. Les chrétiens-nes en ont fait la fête du «passage» du Christ, de l’esclavage de la mort à la liberté de la Vie.
Toutefois, célébrer Pâques, ce n’est pas seulement rappeler un événement qui aurait eu lieu il y a deux mille ans. C’est affirmer que le Dieu qui a ressuscité Jésus est toujours à l’oeuvre en ce monde, aujourd’hui. Chaque jour, la réalité de la mort est omniprésente. Elle se manifeste sous bien des formes et bien des visages.
Célébrer Pâques, c’est réentendre les grands appels de la Vie... C’est passer avec le Christ de la haine à l’amour, de la violence à la paix, de la soif de vengeance au pardon, de la désolation à l’espérance, de la tristesse à la joie, des ténèbres à la lumière, du jeûne à la fête, de l’isolement à la communion, de la peur à l’audace, de la mort à la vie.
En ces jours, puissions-nous renaître à l’espérance. L’espérance en ce Dieu qui nous redit que l’amour est plus fort que tout et que rien ne pourra jamais étouffer la Vie qu’il a déposée en nous!
Joyeuses Pâques!
Angèle, Germain et Danik Les membres de l’équipe pastorale.
08 octobre 2006
Pour le meilleur et pour le pire?
La page d’Évangile proclamée en ce dimanche soulève la délicate question du divorce et du remariage civil; question délicate car les personnes qui vivent dans cette situation ne se sentent pas vraiment accueillies présentement - et depuis longtemps - par l’Église officielle. Le discours qu’elle tient sur elles est souvent blessant car il se situe dans l’ordre de l’exclusion.
Au fond, personne n’est en faveur du divorce au sens où personne ne souhaite cette triste réalité pour un couple. Il suffit de l’avoir vécu soi-même ou d’avoir accompagné une personne dans cette situation pour découvrir qu’une rupture amoureuse, après quelques années de mariage, est une expérience extrêmement douloureuse... pour le couple concerné, pour leurs enfants et leurs proches. Ça n’a rien de rigolo! Voilà pourquoi on ne souhaite pas ça à personne.
Le jour où des amoureux choisissent de se marier, ils viennent dire, haut et fort, qu’ils s’aiment tellement que, tout naturellement, ils portent un rêve: celui d’être toujours ensemble. Ensemble pour partager les moments heureux de la vie et pour se soutenir durant les temps d’épreuve. Et à voir leur bonheur, comment pourrions-nous ne pas porter le même rêve qu”eux?
Cependant, on sait bien que la vie ne va pas toujours dans le sens de nos rêves. Les difficultés dans la vie d’un couple ne manquent pas. Les aléas de la vie et une multitude de facteurs peuvent faire en sorte que deux personnes qui s’aimaient au départ en viennent à se perdre de vue et à faire, un jour, le choix déchirant de se quitter. À mon avis, plus que quiconque, Dieu connaît bien les défis importants auxquels tout couple est confronté.
J’ai personnellement de la difficulté à croire que Dieu se situe du côté de ceux et celles qui jugent et posent un regard sévère sur cette triste réalité. Je crois qu’Il se situe plutôt du côté de ceux et celles qui s’en désolent - oui - mais qui éprouvent surtout de la compréhension et de la compassion pour les gens qui le vivent!
Et j’ose croire qu’Il se réjouit le jour de la naissance d’un nouvel amour. Un nouvel amour capable de panser les blessures passées... Un nouvel amour qui deviendra peut-être une relation qui dure - on l’espère à nouveau -, empreinte d’harmonie, de paix et de joie.
Danik Savaria, ptre